Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 20:55

NYC

Avant hier j'étais jalouse de ces étudiants qui avaient une vie trépidante, qui prenaient le train pour aller en ville, qui trainaient dans les bars et refaisaient le monde dans les cafés.

J'ai passé mon bac et je suis devenue étudiante.

Hier j'étais jalouse de mes camarades qui avaient leur propre appart.

J'ai maintenant un superbe appart avec une vue magnifique en centre ville.

Aujourd'hui je suis jalouse d'une fille qui est partie vivre six mois à New York.

Demain je serai moi même aux Etats Unis pour la 2eme fois, mais cette fois j'y vivrai. Et je serai jalouse peut être de ces gens qui vivent sur la côte ouest et travaillent pour des boites prestigieuses dans mon milieu, comme Pixar ou DreamWorks. Avant d'y travailler.

 

Soyez insatiables, soyez fous.

 

La frustration est peut être la pire des souffrances. Elle implique de travailler dur, d'être patient. La frustration implique le rêve. Elle implique l'avenir.

J'avais l'impression d'être une éternelle insatisfaite, en fait j'ai surtout l'immense envie de vivre. Et beaucoup d'ambition.

C'est douloureux, mais à chaque nouvelle étape réalisée, la sensation est indescriptible. Ce bonheur, ça vaut tout l'or du monde.


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Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 15:51

J'adore le centre commercial.

Toutes ces couleurs, ces parfums, ces bruits! Le choix incroyable, toutes les possibilités "offertes", ces produits incroyables et ces saveurs venues du bout du monde.

C'est l'objectif de tout être humain moyen du XXIeme siècle: venir dépenser l'argent dûrement gagné. C'est ce pourquoi nous passons notre temps à travailler! Venir flâner, comparer des tomates et composer notre code secret de carte bleue.

Enfin en théorie.

Parce que, il faut l'avouer, ça c'est surtout la vision des choses d'une fille de 19 ans qui ne sait pas quoi faire de son argent. En réalité, ça ressemble plutôt à un monde fou qui tire la gueule et braille contre les gosses qui font des courses de cadi. Ca ressemble surtout au rayon promotion où l'on se bat pour avoir le dernier poulet de batterie, parce que c'est la crise et que la fin du mois est difficile.

 

C'est fascinant, le centre commercial, c'est rempli de zombies. Tout comme dans les transports en commun, les gens enlèvent leur masque et sont vides de toute émotion. Je suppose que personne d'autre que moi prend beaucoup de plaisir à perdre son temps à Auchan Englos un samedi après midi.

 

Le centre commercial peut être mon endroit préfèré comme mon pire cauchemar: c'est là où je peux passer des heures à comparer des pillules magiques qui me donneront l'illusion d'avoir mangé. C'est là où la nourriture me semble la plus proche et la plus lointaine: à portée de main, mais absolument impossible à acheter. Comme dans un film.

Mais ça peut être aussi l'endroit où mon esprit disparait. Où je parcours les rayons en jetant dans mon panier tout ce qui ressemble de près ou de loin à du chocolat. Pizza, gâteaux, bonbons.

C'est aussi là où je vais honteusement feuilleter un bouquin qui parle d'anorexie, avant de le reposer violemment en pensant de toutes mes forces que je n'ai aucun problème. C'est là où je vais prendre un vêtement qui me semble à ma taille, alors qu'il faudrait que je fasse 15 kilos de plus pour ne pas flotter dedans. Ironie du sort, lorsque je vais enfin dénicher un truc en taille 32, il va me sembler gigantesque.

 

Passer deux heures au centre commercial, c'est la garantie d'avoir des douleurs atroces dans la poitrine, des courbatures pendant une semaine, et d'être fatiguée pour le reste de la journée.

 

 

 

Je ne sais pas comment finir cet article. Je me rends compte qu'il n'est pas très joyeux, alors que pourtant j'ai passé une bonne journée aujourd'hui. Peut être qu'il faudrait que j'accepte tout ça. Est ce que c'est si grave, de ne manger qu'un repas par jour? Je suis pourtant en bonne santé. Je me demande si j'ai un vrai problème avec le nourriture depuis 3 ans. Je ne sais pas. Je n'ai jamais eu un comportement normal avec la bouffe! Disons que aussi loin que je me souvienne, je me levais la nuit pour voler à manger, je me goinfrais de cochoneries, et ma mère craignait que je finisse obèse.

Qu'est ce qu'un rapport normal avec la nourriture? Est ce qu'il faut prendre du plaisir à manger, ou est ce que ça ne devrait être qu'une simple tache, comme se laver les dents et aller aux toilettes?

Est ce que c'est dégoûtant quelqu'un qui mange? Est ce que tout le monde a mal au ventre? Est ce normal de se lever le matin en ayant faim?

Je ne me souviens même plus de la sensation de faim. Parfois je ressens une sorte de boule dans la gorge, et de douleur dans l'estomac, et je me dis que c'est ça. Mais je suis INCAPABLE de me dire "j'ai besoin de manger" de la même façon que "j'ai besoin de dormir" ou "j'ai besoin de faire pipi". Je ne sais plus à quoi ça ressemble, je ne sais pas à quoi je ressemble. Et pourtant je suis heureuse.


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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 17:41

Je suis allée à St Jude, hier. C'était leur concert annuel et Baptiste jouait du piano. Je suis venue le chercher le soir.

Au final, aujourd'hui, je parle de St Jude en rigolant. A Pôle IIID, on compare nos lycées privés en se demandant lequel était le pire. Et puis je pensais avoir réussi à conserver un bon nombre de souvenirs pas désagréables. J'y suis donc allée le sourire aux lèvres.

 

Et ce fut la claque.

A peine avais je passée l'entrée qu'une vague d'angoisse m'a agrippée. J'ai senti un stress immense m'envahir, doublé d'une furieuse envie de pleurer.

C'est comme si j'étais entrée dans une pièce, pleine de bonne volonté avec un grand sourire, et que des milliers de visages étaient apparus sur les murs pour hurler des insultes et me cracher au visage.

Des fantômes de souvenirs enfouis ont ressurgi à chaque endroit que je regardais. J'entendais les cris, je me souvenais des regards plein de mépris.

Je crois que je ne pourrais jamais aimer St Jude. Je ne pourrais jamais leur pardonner. Quant aux bons souvenirs que je croyais avoir, en réalité c'était surtout des fou rires alcoolisés entre deux cours. Plutôt pathétique, à vrai dire.

 

De plus, j'y suis allée dans la voiture familiale, sur le siège passager. La même route, la même place, jour après jour, qui me donnait l'impression d'être envoyée à l'abatoire. Pour passer une journée horrible et interminable, à passer le temps en dessinant.

 

 

 

Pourtant je n'avais pas cette sensation d'angoisse dans mes souvenirs. C'est comme si je ne réalisais que maintenant ce qu'il s'était passé pendant six ans dans cet endroit. Et au fur et à mesure que je me répétais ça dans ma tête, j'ai réalisé quelque chose:

Je ne dors plus.

J'ai passé des années et des années dans une sorte de coma semi conscient, où je m'ennuyais à mourir. D'ailleurs je l'ai écrit des centaines de fois sur mes blogs. Chaque émotion, chaque mouvement d'un autre être humain me semblait terriblement lointain, comme un écho, comme une lumière qui essayerait de transpercer un brouillard épais. J'étais constamment dans un demi sommeil, pénible et lourd.

Et ce n'est plus le cas aujourd'hui. Je ne sais pas quand est ce que c'est arrivé, ni comment, mais c'est sur et certain: aujourd'hui je suis totalement réveillée. Je ressens les choses, j'arrive à vivre.

Je ne sais pas qui vous êtes, et vous ne vous rendez probablement pas compte de ce que je suis en train d'écrire, mais c'est énorme.

Pendant des années et des années, en fait depuis presque 10 ans, j'essayais de comprendre ce qui m'arrivait. J'ai répété, j'ai hurlé que j'étais épuisée, que je m'emmerdais à mourir depuis presque DIX ANS! C'est comme si je voyais tout en nuance de gris depuis tout ce temps. Et hier, je me suis rendue compte que ce n'est plus le cas. Je ressens à nouveau les émotions. J'arrive à vivre. Je suis libre.

Par Rebecca
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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 14:50

C'est une horreur sans nom.

 

D'abord il y a la préparation, la traque: ça peut durer des mois, des années. Comme on fatigue un poisson avant de le tirer hors de l'eau. Insultes, coups... Petit à petit, on s'enfonce, on n'y voit plus très clair. C'est d'abord la peur, puis la colère, les tentatives de révoltes -mais on est trop faible-. Alors c'est l'abandon. L'abandon à un infini désespoir, à la douleur. A terre, le chasseur continue de me rouer de coups. Et j'espère naïvement que ça fera moins mal si j'arrête de me débattre.

Seule, devant tout le monde, à espérer que quelqu'un réagisse, ne serait ce qu'un adulte. Mais personne n'intervient.

 

Cette fois la cible est prête! Fatiguée, elle a lâché ses dernières défenses. C'est le moment de donner le coup fatal. C'est simple, d'une simplicité ironiquement enfantine. Il suffit d'être tout d'un coup gentil avec elle. Et si jamais elle reprend un peu trop confiance en elle, les menaces d'une efficacité remarquable.

Mets toi à genoux maintenant.

C'est rapide et interminable. J'ai le cerveau embrumé, je ne comprends pas ce qu'il se passe. Depuis combien de temps je suis là? Le soleil m'éblouit. Je ne vois rien. Je ne connais pas ce goût. J'ai envie de vomir. Je dois être fière ou je dois avoir honte? Je ne sais pas. Je ne sais plus.

Et maintenant, je suis où? Comment je suis arrivée ici? Il fait noir. Et ça restera très longtemps noir dans ma tête.

 

Deux ans en fait. L'obscurité totale, presque à oublier tout ça. A ne jamais y repenser. Et pourtant, j'ai mal. Je me fais du mal. Je me brûle, je me coupe, comme pour essayer de réveiller quelque chose. Je ne ressens rien. Je m'enfonce...

 

 

 

 

Et tout d'un coup, je comprends. Je crie. JE HURLE DE DOULEUR. Je me débats avec deux ans de retard. J'ai compris. Ce qu'il s'est passé, pourquoi j'ai mal. Ça s'appelle un viol. Je crie, je pleure, je vomis. Mais il est trop tard. Je ne veux pas de tout ça, je refuse. Trop tard. Tout d'un coup je comprends, et j'essaye d'arracher ma peau avec mes ongles. Je m'arrache les cheveux, me griffe, je ne peux pas supporter ce corps. La honte, comme une couche de saleté agrippée à ma peau. Mais rien ne peut l'enlever. Soudain j'y pense tout le temps, tous les jours, à chaque minute qui passe c'est le flash back.

Je veux mourir.

Ce n'est pas la première fois que j'essaye, mais cette fois ci il n'y aura aucune retenue.

Et je meurs...

 

Je passe deux semaines dans une sorte de coma, entre deux couloirs d'hôpital. Autour de moi il y a beaucoup de machines, de "bip" et de "pschit" et de "plop". Respirateur artificiel, des chiffres et des courbes sur tous les écrans. Il y a des gens qui entrent et qui sortent, qui souffrent et qui meurent. Je passe deux semaines à raconter toujours la même histoire à tous les psys qu'on me présente, tout en observant le goutte à goutte qui s'écoule dans mes veines pour essayer de me sauver. Pile ou face.

 

 

Les mois passent. Je ne vais pas mieux. J'ai toujours aussi honte, toujours aussi mal. J'essaye de détruire la moindre petite partiel humaine qui reste en moi. J'essaye de m'abrutir à coups de drogues et d'alcool. Je veux oublier. C'est intéressant, mais pas très constructif.

Et finalement, j'essaye de me battre. Juste pour voir ce que ça fait. Juste pour voir des gens qui m'aiment sourire, pour une fois. C'est dur, c'est pas facile, et tous les jours j'ai envie d'abandonner. J'ai parfois du mal à saisir.

Ça va très très vite. Et avant de pouvoir dire ouf, je me retrouve un matin, dehors. Je viens de sortir du commissariat.

J'allume une cigarette, je sèche mes larmes. Et j'ai le sourire.

 

 

 

 

Pour ce qui est du reste, ça n'a plus grande importance. Je commence à vivre après des années de dépression. Je suis en train de reconstruire, avec l'aide de personnes importantes pour moi.

La seule chose importante à retenir dans toute cette histoire, c'est que je n'ai pas cru une seule seconde que j'allais y arriver. J'ai toujours cru que j'étais foutue. Mais malgré ça j'ai jamais baissé les bras, et aujourd'hui j'ai gagné. Et ça valait vraiment le coup.


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Mardi 6 mars 2012 2 06 /03 /Mars /2012 13:28
Faudrait peut être que j'essaye le yoga. Ou la méditation. Ou le Taï-Chi, que sais je. Ou bien que j'arrête le café. J'en sais rien. Que j'éteigne ma télé. Mais si je continue à m'énerver comme ça tous les matins, je vais claquer à 40 ans.
 Orelsan aux victoires de la musique. Magnifique, on avait pas assez de connards manipulateurs et hypocrites célèbres.

 
 
Pour réussir dans la vie, ça se base d'abord sur un critère. UN critère, qui se joue à pile ou face: la chance. La chance de naître dans le bon hémisphère, dans la bonne famille. La chance de ne pas tomber malade, de ne pas mourir jeune. La chance d'avoir suffisamment d'argent de base, pour avoir accès à l'éducation, aux soins, à la culture, à l'avenir.
Et c'est tout. La chance.
Le pourcentage de chance d'avoir un avenir cool ne devrait pas se décider sur la chance. C'est trop aléatoire, trop injuste, et bien souvent, nous n'avons même pas conscience de cette chance.
Non, tout devrait se jouer sur l'intelligence. Ce qui est, en soi, une question de chance aussi, je vous l'accorde. Dans un monde parfait, les cerveaux surdoués seraient repérés le plus tôt possible, et les gouvernements se battraient pour leur offrir la meilleure qualité de vie. Dans un monde parfait, ils n'auraient plus jamais à craindre pour leur santé, peu importe la famine, les guerres et les épidémies. Dans un monde parfait, on leur offrirait un accès totalement gratuit à la culture, aux voyages et aux études qu'ils voudraient. Fille ou garçon, riche ou pauvre, blanc ou noir.
Dans un monde parfait, nos idoles ne seraient plus des stars, acteurs ou chanteurs aux pensées stériles.
Je crois que c'est un peu de l'eugénisme. C'est mal.
 
 
Combien d'enfants sont morts, en Syrie? Tués à la naissance en Asie? Vendus en Afrique? Combien ont été violés, frappés, détruits? Parmi eux, peut être qu'il y avait le nouvel Einstein. Peut être que l'un d'entre eux aurait trouvé le vaccin contre le SIDA? On ne le saura jamais. Ils sont morts, et nous n'avons rien fait.
Combien d'enfants sont en train de hurler, en ce moment même? Combien d'entre eux sont en train de mourir?
Nous ne faisons rien. Nous ne savons même pas la chance que nous avons eu de naître en Occident.
 
 
 
Il faudrait une chance absolue, pour:
_Naître en Occident.
_Avoir assez d'argent pour avoir accès la culture et aux études.
_Avoir une intelligence supérieure.
_Naître dans la bonne famille, qui valorisera le travail et l'éducation.
_Avoir conscience de son potentiel et vouloir le développer.
_Ne pas tomber malade, ne pas mourir.
_Ne pas être détruit par une tiers personne.
_Ne pas être manipulé par un gouvernement, laboratoire,  ou quoi que ce soit avide d'argent.
_Ne pas se laisser corrompre par l'argent.
_Ne pas devenir prétentieux, aveuglé par autant de pouvoir.
_Avoir un contexte socio-politique favorable.
_... Et malgré avoir vu les humains, leur vraie nature, malgré les brimades, la jalousie, la haine, malgré la corruption, vouloir changer le monde.
 
C'est quasiment impossible.
 
 
 
Et pendant ce temps là, en Syrie...
Des morts. Des bombes, toutes les deux minutes. La neige, le sang. Et encore, je n'ai rien vu. Mais ce que je peux en voir, tous les matins devant BFM TV, me fait vomir. Ca me rend malade. Et personne ne fait rien.
On passe plus de temps par jour à parler de The Artist aux Oscars que du massacre de Bachar El Assad.
Personne dans la rue pour manifester, nul part dans le monde. Des gens crèvent tous les jours, et on ne fait rien.


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